Le parc national de Tarangire, joyau méconnu de la Tanzanie, offre une immersion unique dans la nature sauvage africaine. Avec ses paysages à couper le souffle dominés par les majestueux baobabs et sa rivière qui serpente à travers les plaines, ce sanctuaire représente une destination exceptionnelle pour les amateurs de safari. Moins fréquenté que ses célèbres voisins comme le Serengeti ou le Ngorongoro, Tarangire dévoile pourtant une biodiversité remarquable et des phénomènes migratoires fascinants qui méritent toute l'attention des voyageurs en quête d'authenticité.

Ce territoire de 2850 km² abrite la plus importante concentration d'éléphants de Tanzanie, des prédateurs emblématiques et plus de 550 espèces d'oiseaux, faisant de chaque excursion une aventure riche en découvertes. Entre sa savane arborée caractéristique, ses zones humides vitales et sa faune exceptionnellement diversifiée, le parc national de Tarangire constitue une véritable fenêtre ouverte sur l'Afrique sauvage dans toute sa splendeur.

Écosystème unique du parc national de tarangire

Le parc national de Tarangire se distingue par un écosystème particulièrement diversifié qui en fait un territoire unique en Tanzanie. Contrairement à d'autres réserves plus homogènes, Tarangire présente une mosaïque d'habitats qui soutient une biodiversité exceptionnelle. Cette variété écologique résulte principalement de la présence de la rivière Tarangire qui irrigue le parc même pendant les périodes les plus arides, créant ainsi un contraste saisissant avec les zones plus sèches environnantes.

La saisonnalité marque profondément le rythme de vie dans cet écosystème. Pendant la saison sèche, de juin à octobre, le parc devient un refuge crucial pour la faune de toute la région qui converge vers les points d'eau persistants. Ce phénomène de concentration animale transforme Tarangire en l'un des meilleurs sites d'observation de la vie sauvage en Tanzanie. À l'inverse, durant la saison des pluies, l'écosystème s'épanouit dans une explosion de verdure, modifiant considérablement les comportements animaux et la distribution de la faune.

L'alternance naturelle entre ces deux saisons distinctes façonne non seulement les paysages mais également les stratégies de survie des espèces qui peuplent ce territoire. Cette dynamique écologique fait de Tarangire un laboratoire naturel fascinant pour comprendre les adaptations de la faune africaine face aux contraintes environnementales.

Savane à baobabs emblématique : habitat naturel exceptionnel

La savane à baobabs de Tarangire constitue l'un des paysages les plus emblématiques d'Afrique de l'Est. Ces géants végétaux, dont certains sont âgés de plus de mille ans, dominent majestueusement l'horizon et confèrent au parc son caractère unique. Avec leurs silhouettes caractéristiques ressemblant à des arbres plantés à l'envers, les baobabs créent un décor presque surréaliste qui captive immédiatement le regard des visiteurs.

Ces arbres monumentaux jouent un rôle écologique fondamental dans l'écosystème de Tarangire. Véritables réservoirs d'eau, ils peuvent stocker jusqu'à 120 000 litres dans leur tronc spongieux, ce qui leur permet de résister aux périodes de sécheresse prolongée. Cette capacité de stockage en fait également des ressources vitales pour de nombreuses espèces animales pendant la saison sèche, notamment les éléphants qui n'hésitent pas à arracher des morceaux d'écorce pour s'hydrater.

Au-delà de leur fonction hydrique, les baobabs servent d'habitat à une multitude d'espèces. Leurs cavités naturelles offrent des abris pour de nombreux oiseaux, reptiles et petits mammifères. Les léopards utilisent fréquemment leurs branches robustes comme postes d'observation ou pour mettre leurs proies à l'abri des autres prédateurs. Cette interaction permanente entre le baobab et la faune environnante illustre parfaitement l' interdépendance qui caractérise les écosystèmes africains.

Rivière tarangire : artère vitale et point d'observation privilégié

La rivière Tarangire représente véritablement l'artère vitale du parc, s'écoulant du nord au sud sur près de 80 kilomètres et maintenant un débit, même minime, pendant la majeure partie de l'année. Cette persistance hydraulique dans un environnement où l'eau devient une ressource rare pendant plusieurs mois explique la concentration exceptionnelle d'animaux qui se rassemblent le long de ses berges durant la saison sèche.

Les rives de la Tarangire constituent des points d'observation privilégiés pour les safaris. Les guides expérimentés connaissent parfaitement les méandres de la rivière où les probabilités de rencontres animales sont les plus élevées. Ces zones stratégiques permettent souvent d'observer simultanément plusieurs espèces venues s'abreuver, créant des tableaux vivants d'une richesse incomparable où prédateurs et proies coexistent temporairement dans une tension palpable.

La rivière Tarangire ne représente pas seulement une source d'eau, mais un véritable théâtre naturel où se jouent quotidiennement les drames et les équilibres fragiles de la vie sauvage africaine.

Les berges sablonneuses de la rivière offrent également un habitat idéal pour les terriers de nombreux animaux fouisseurs. Les mangoustes, suricates et autres petits mammifères profitent de ces sols faciles à creuser pour établir leurs colonies, ajoutant une dimension supplémentaire à la biodiversité observable depuis les points stratégiques le long du cours d'eau.

Marais de silale : zone humide cruciale pendant la saison sèche

Les marais de Silale représentent l'une des caractéristiques écologiques les plus précieuses du parc national de Tarangire. Cette vaste zone humide de plus de 10 km² située dans la partie centrale du parc conserve de l'eau même durant les périodes les plus arides de l'année. Cette particularité en fait un véritable oasis de vie lorsque le reste du territoire s'assèche progressivement.

Entre juillet et novembre, au plus fort de la saison sèche, les marais de Silale deviennent le théâtre d'une concentration animale exceptionnelle. Des troupeaux entiers d'éléphants, de buffles et d'antilopes convergent vers ces dernières étendues d'eau disponibles. Cette densité inhabituelle d'herbivores attire naturellement les grands prédateurs comme les lions et les léopards, créant un équilibre écologique temporaire particulièrement fascinant à observer.

La végétation luxuriante qui borde ces zones marécageuses constitue également une ressource alimentaire cruciale pendant les périodes de disette. Les joncs, les papyrus et diverses graminées qui s'y développent restent verts et nutritifs bien plus longtemps que la végétation des plaines environnantes. Cette disponibilité prolongée de fourrage explique en partie pourquoi certaines espèces d'herbivores peuvent rester dans le parc toute l'année, contrairement à d'autres qui participent aux migrations saisonnières.

Biodiversité végétale : acacias, commiphoras et graminées endémiques

La diversité végétale de Tarangire va bien au-delà des emblématiques baobabs. Le parc abrite une mosaïque de formations végétales adaptées aux différentes conditions pédologiques et hydriques du territoire. Les acacias, notamment l' Acacia tortilis reconnaissable à sa silhouette en parasol, dominent de nombreuses zones et constituent des micro-habitats essentiels pour diverses espèces animales, depuis les girafes qui se nourrissent de leurs feuilles jusqu'aux oiseaux qui nichent dans leurs branches.

Les commiphoras, arbres producteurs de myrrhe, représentent un autre élément caractéristique de la flore de Tarangire. Ces arbres à l'écorce papyracée qui se détache en fines lamelles colorées s'adaptent parfaitement aux conditions semi-arides qui prévalent dans certaines parties du parc. Leur résine aromatique, utilisée traditionnellement par les populations locales, imprègne l'air d'un parfum caractéristique pendant les journées chaudes.

Le tapis herbacé de Tarangire présente également une diversité remarquable avec plus de 30 espèces de graminées identifiées, dont certaines sont endémiques à cette région de Tanzanie. Ces prairies naturelles constituent la base alimentaire pour les grands troupeaux d'herbivores et jouent un rôle fondamental dans la chaîne trophique de l'écosystème. La dynamique de ces formations herbeuses, qui peuvent passer de l'état desséché à une explosion de verdure en quelques jours après les premières pluies, illustre parfaitement la résilience exceptionnelle des écosystèmes de savane face aux contraintes climatiques.

Faune exceptionnelle et migration saisonnière

Le parc national de Tarangire se distingue par une faune d'une richesse exceptionnelle, caractérisée par des comportements migratoires uniques en Tanzanie. Contrairement au phénomène plus médiatisé du Serengeti, la migration de Tarangire reste relativement méconnue du grand public, bien qu'elle constitue l'un des mouvements animaliers les plus importants d'Afrique de l'Est. Ce cycle migratoire annuel implique plus de 250 000 grands mammifères qui se déplacent entre le parc et les plaines environnantes au rythme des saisons.

L'alternance entre concentration et dispersion de la faune crée deux expériences de safari radicalement différentes selon la période de visite. Pendant la saison sèche, la densité animale autour des points d'eau transforme Tarangire en un véritable théâtre vivant où les interactions entre espèces s'observent avec une facilité déconcertante. À l'inverse, la saison des pluies offre des paysages verdoyants où les animaux, plus dispersés, se contemplent dans des scènes bucoliques d'une grande sérénité.

Cette dynamique saisonnière influence profondément les stratégies de survie des différentes espèces et façonne leurs comportements sociaux. L'observation attentive de ces adaptations constitue une dimension particulièrement enrichissante de l'expérience safari à Tarangire, permettant de comprendre les subtils équilibres qui régissent la vie sauvage en Afrique de l'Est.

Concentration d'éléphants la plus dense de tanzanie

Tarangire abrite la plus forte concentration d'éléphants de Tanzanie, avec une population estimée à plus de 4 000 individus pendant la saison sèche. Ces pachydermes constituent indéniablement l'attraction phare du parc, offrant des opportunités d'observation incomparables dans leur habitat naturel. Les troupeaux familiaux, souvent composés de 20 à 30 individus sous la direction d'une matriarche expérimentée, se déplacent majestueusement entre les points d'eau et les zones de nourrissage.

L'interaction entre les éléphants et les baobabs emblématiques du parc illustre parfaitement la relation complexe entre faune et flore dans cet écosystème. Ces géants végétaux portent souvent les marques des éléphants qui arrachent leur écorce pour en extraire l'humidité pendant les périodes de sécheresse. Cette pression constante a même conduit à une adaptation évolutive remarquable : les jeunes baobabs de Tarangire développent des écorces plus épineuses que leurs homologues d'autres régions, une forme de coévolution fascinante entre deux espèces emblématiques.

L'observation des comportements sociaux des éléphants constitue l'un des privilèges de Tarangire. Les visiteurs peuvent assister à des scènes touchantes de soins parentaux, aux jeux des éléphanteaux, ou encore aux impressionnantes démonstrations de force entre mâles adultes pendant la période de reproduction. Ces moments d'intimité avec le plus grand mammifère terrestre laissent invariablement des souvenirs impérissables aux observateurs attentifs.

Prédateurs emblématiques : lions de tarangire et léopards arboricoles

Les lions de Tarangire présentent une particularité comportementale qui les distingue de leurs congénères d'autres parcs : leur remarquable adaptation à la vie arboricole. Contrairement à l'idée reçue selon laquelle seuls les léopards grimperaient régulièrement aux arbres, les lions de cette région ont développé l'habitude de se reposer dans les branches des grands acacias et baobabs. Ce comportement atypique s'observe particulièrement pendant les heures chaudes de la journée, lorsque ces prédateurs cherchent la fraîcheur et une protection contre les insectes au sol.

Les léopards de Tarangire, naturellement plus discrets que les lions, excellent dans l'art du camouflage parmi les branches tortueuses des arbres. Leur pelage tacheté se fond parfaitement dans le jeu d'ombres et de lumières créé par le feuillage, les rendant presque invisibles même pour l'œil exercé. Observer un léopard somnolent allongé sur une branche, sa queue caractéristique pendant nonchalamment dans le vide, constitue l'un des moments forts d'un safari à Tarangire.

D'autres prédateurs complètent ce tableau impressionnant : les guépards, moins nombreux mais présents dans les zones de plaines ouvertes ; les hyènes tachetées, dont les clans structurés jouent un rôle écologique fondamental dans l'écosystème ; et les chacals à chabraque qui profilent des restes laissés par les grands prédateurs. Cette diversité de carnivores témoigne de la richesse trophique exceptionnelle de Tarangire.

Phénomène migratoire annuel : parcours et timing optimal

La migration annuelle de Tarangire constitue l'un des phénomènes naturels les plus impressionnants mais paradoxalement les moins connus d'Afrique de l'Est. Chaque année, à l'arrivée des premières pluies en novembre, des milliers d'herbivores quittent les abords de la rivière Tarangire pour se disperser dans les plaines environnantes, notamment vers la zone de conservation du Ngorongoro et les plaines du Simanjiro à

l'est. Cette dispersion coïncide avec la pousse de nouvelles herbes riches en nutriments essentiels pour les femelles gestantes et leurs petits à naître.

Le timing de cette migration est crucial pour les visiteurs souhaitant en être témoins. La période optimale pour observer le retour des grands troupeaux dans le parc se situe généralement entre juin et début juillet, lorsque les ressources en eau et en nourriture commencent à se raréfier dans les plaines environnantes. C'est alors que des colonnes impressionnantes de gnous, zèbres et gazelles convergent vers la rivière Tarangire, créant des scènes spectaculaires de traversées et d'interactions sociales complexes.

Le parcours migratoire emprunté par ces animaux s'étend sur plus de 200 kilomètres, traversant différents habitats et franchissant plusieurs obstacles naturels. Cette route ancestrale, transmise de génération en génération, témoigne de l'incroyable mémoire spatiale des espèces migratrices. Les scientifiques qui étudient ce phénomène ont identifié plusieurs corridors écologiques critiques qui permettent ce déplacement saisonnier, mais certains sont aujourd'hui menacés par l'expansion des activités humaines aux alentours du parc.

Espèces endémiques et rares : oryx, koudou et calao terrestre

Au-delà des espèces emblématiques facilement observables, Tarangire abrite plusieurs animaux rares dont la présence ajoute une dimension particulière à l'expérience safari. L'oryx beisa, avec ses cornes impressionnantes et rectilignes pouvant atteindre un mètre de longueur, trouve dans les zones les plus arides du parc un habitat parfaitement adapté à ses besoins. Cet antilope majestueux, particulièrement résistant à la déshydratation, peut survivre plusieurs jours sans boire, une adaptation remarquable au climat semi-aride qui caractérise certaines parties de Tarangire.

Le grand koudou, reconnaissable à ses cornes spiralées chez les mâles et à ses distinctives rayures blanches verticales sur les flancs, préfère les zones boisées et les fourrés denses où il peut se dissimuler malgré sa taille imposante. Observer ces antilopes timides représente toujours un moment privilégié, car ces animaux discrets se montrent rarement en terrain découvert et nécessitent patience et discrétion de la part des observateurs.

La présence d'espèces rares comme l'oryx et le koudou témoigne de la diversité exceptionnelle des habitats préservés dans le parc national de Tarangire, véritable sanctuaire pour des animaux que l'on observe difficilement ailleurs en Tanzanie.

Parmi les oiseaux rares, le calao terrestre, espèce endémique des savanes d'Afrique de l'Est, mérite une attention particulière. Contrairement à ses cousins arboricoles, cette espèce passe l'essentiel de son temps au sol, se déplaçant rapidement à la recherche d'insectes et de petits reptiles. Son bec caractéristique et sa démarche sautillante en font l'un des oiseaux les plus charismatiques du parc, bien que son observation nécessite souvent l'œil exercé d'un guide expérimenté.

Safaris spécialisés et techniques d'observation

Le parc national de Tarangire se prête admirablement à différentes approches de safari, chacune offrant une perspective unique sur cet écosystème fascinant. Au-delà du traditionnel safari en véhicule 4x4, plusieurs expériences spécialisées permettent d'approfondir la découverte de la vie sauvage selon les centres d'intérêt des visiteurs. Cette diversité d'approches constitue l'un des atouts majeurs de Tarangire par rapport à d'autres destinations plus restrictives en termes d'activités autorisées.

Les autorités du parc, conscientes de la valeur éducative de ces différentes formes d'immersion, ont développé des protocoles stricts pour encadrer ces activités tout en minimisant leur impact sur la faune et la flore. Ces réglementations, bien que parfois perçues comme contraignantes par certains visiteurs, garantissent la préservation à long terme des richesses naturelles de Tarangire et la qualité des expériences proposées.

Pour tirer le meilleur parti de ces safaris spécialisés, il est vivement recommandé de faire appel à des guides certifiés, dont l'expertise et l'expérience permettront non seulement d'optimiser les chances d'observations exceptionnelles, mais également d'interpréter les comportements animaux et de comprendre les subtiles interactions écologiques qui font la richesse de ce territoire protégé.

Safari photographique : spots et lumières selon les saisons

Les photographes amateurs et professionnels trouvent à Tarangire un terrain de jeu exceptionnel, où la diversité des paysages et la richesse de la faune offrent d'infinies possibilités créatives. Plusieurs zones du parc se distinguent par leur potentiel photographique particulier, variant selon les saisons et les conditions lumineuses. La région des marais de Silale, notamment en fin de saison sèche, constitue un spot incontournable pour capturer des scènes spectaculaires de rassemblements d'éléphants sur fond de baobabs majestueux.

La lumière joue un rôle déterminant dans la qualité des images rapportées de Tarangire. Les premières heures du matin, lorsque le soleil rase l'horizon et baigne la savane d'une lumière dorée, sont particulièrement propices aux clichés atmosphériques. Cette golden hour matinale illumine parfaitement les silhouettes des acacias et des baobabs, créant des contre-jours saisissants lorsque girafes ou éléphants se profilent devant le soleil levant.

Pendant la saison des pluies, les orages spectaculaires qui s'abattent sur le parc offrent des opportunités uniques de capturer des ciels dramatiques et des contrastes saisissants entre les nuages sombres et la végétation d'un vert éclatant. Les photographes expérimentés conseillent de se positionner sur les collines de la partie orientale du parc pour bénéficier de panoramas dégagés permettant de saisir ces moments éphémères où la lumière filtre à travers les nuages, créant des rayons célestes au-dessus de la savane.

Safari nocturne : observation des genettes et autres espèces crépusculaires

Les safaris nocturnes, uniquement autorisés dans certaines zones périphériques du parc et dans les concessions privées adjacentes, dévoilent une dimension totalement différente de l'écosystème de Tarangire. Équipés de projecteurs spéciaux émettant une lumière rouge qui ne perturbe pas les animaux, les véhicules s'aventurent dans l'obscurité à la recherche d'espèces rarement observables en journée. Les genettes, petits félins arboricoles aux taches distinctives, figurent parmi les stars de ces excursions, leurs yeux reflétant intensément la lumière des projecteurs.

D'autres espèces nocturnes enrichissent ces explorations après le crépuscule : les galagos (ou bushbabies), petits primates aux yeux démesurés qui bondissent avec une agilité stupéfiante dans les branches des acacias ; les pangolins, mammifères écailleux extrêmement rares et menacés ; ou encore les civettes africaines avec leur masque facial caractéristique. Les prédateurs adoptent également des comportements différents la nuit, les lions devenant plus actifs tandis que les hyènes organisent leurs chasses collectives.

L'expérience sensorielle d'un safari nocturne transcende largement la simple observation visuelle. Les bruits de la savane nocturne – rugissements lointains des lions, ricanements inquiétants des hyènes, concert assourdissant des insectes – créent une ambiance immersive qui contraste radicalement avec l'atmosphère diurne. Cette découverte multisensorielle de Tarangire après le coucher du soleil laisse invariablement une impression profonde, même chez les voyageurs les plus expérimentés.

Safari à pied : itinéraires sécurisés avec les rangers du parc

Les safaris à pied représentent sans doute l'approche la plus immersive pour découvrir les subtilités de l'écosystème de Tarangire. Accompagnés par des rangers armés et des guides naturalistes expérimentés, les visiteurs peuvent explorer certains secteurs spécifiquement désignés du parc, généralement dans sa partie nord moins fréquentée par les grands prédateurs. Ces randonnées, limitées à de petits groupes pour minimiser l'impact environnemental et optimiser la sécurité, permettent une connexion intime avec la nature impossible à ressentir depuis un véhicule.

Les itinéraires proposés varient selon les saisons et les conditions de sécurité évaluées quotidiennement par les autorités du parc. La zone bordant la rivière Tarangire offre des parcours particulièrement intéressants, permettant d'observer les traces laissées par les animaux venus s'abreuver et d'étudier la végétation riveraine dans ses moindres détails. D'autres circuits privilégient les zones de savane arborée où les baobabs centenaires deviennent des points d'arrêt naturels pour découvrir leur écosystème spécifique.

Au-delà de l'observation de la faune, ces safaris pédestres mettent l'accent sur les aspects souvent négligés lors des safaris en véhicule : la botanique avec l'identification des plantes médicinales utilisées traditionnellement par les populations locales ; l'entomologie avec la découverte du monde fascinant des insectes qui jouent un rôle crucial dans l'équilibre de l'écosystème ; ou encore la géologie pour comprendre comment le relief et les sols ont façonné les différents habitats du parc.

Observation ornithologique : 550 espèces incluant le tisserin de taveta

Avec plus de 550 espèces d'oiseaux répertoriées, Tarangire s'impose comme une destination de choix pour les ornithologues amateurs et confirmés. Cette diversité avifaunistique exceptionnelle s'explique par la variété des habitats présents dans le parc et par sa position sur les routes migratoires de nombreuses espèces paléarctiques qui viennent hiverner en Afrique de l'Est. La période de novembre à avril, correspondant à la saison des pluies, est particulièrement propice à l'observation ornithologique, les migrateurs européens et asiatiques venant s'ajouter aux espèces résidentes.

Parmi les espèces emblématiques, le tisserin de Taveta mérite une attention particulière. Ce petit passereau au plumage jaune vif chez le mâle construit d'impressionnantes colonies de nids suspendus aux branches des acacias, créant de véritables "villages" aériens qui peuvent regrouper plusieurs centaines d'individus. Observer l'activité frénétique de ces colonies, particulièrement en période de reproduction, constitue l'un des spectacles ornithologiques les plus fascinants du parc.

Les zones humides de Tarangire, notamment autour des marais de Silale, attirent une grande diversité d'espèces aquatiques : hérons goliath imposants, délicats ibis sacrés, mystérieux becs-en-sabot, ou encore élégants échassiers comme les jacanas à poitrine dorée qui semblent marcher sur l'eau grâce à leurs longs doigts. Pour les passionnés d'ornithologie, un séjour d'au moins trois jours est recommandé afin d'explorer les différents habitats du parc et maximiser les chances d'observations exceptionnelles.

Hébergements authentiques au cœur de la nature

Le parc national de Tarangire et ses environs immédiats proposent une gamme variée d'hébergements permettant de prolonger l'immersion dans la nature au-delà des safaris. Des lodges de luxe aux campements plus rustiques, chaque option offre une expérience distinctive qui contribue pleinement à la magie du séjour. La répartition géographique de ces établissements permet également d'optimiser l'exploration du parc en minimisant les temps de trajet vers les zones d'intérêt prioritaires.

À l'intérieur même des limites du parc, plusieurs lodges premium offrent un niveau de confort exceptionnel dans un cadre sauvage préservé. Le Tarangire Treetops Lodge propose une expérience unique avec ses chambres perchées dans les arbres à plus de cinq mètres de hauteur, offrant des panoramas imprenables sur la savane environnante. Le Sanctuary Swala Camp, avec ses tentes de luxe disposées autour d'un point d'eau fréquenté par les animaux, permet d'observer la faune directement depuis sa terrasse privative.

Pour les voyageurs privilégiant l'authenticité à l'opulence, plusieurs campements écologiques aux abords du parc offrent une immersion plus directe dans l'environnement naturel. Le Tarangire Safari Lodge, positionné stratégiquement sur une falaise surplombant la rivière, combine simplicité et vues spectaculaires. Quant au Tandala Tented Camp, sa philosophie minimaliste et son engagement écologique en font le choix idéal pour les voyageurs soucieux de minimiser leur empreinte environnementale sans renoncer au confort essentiel.

Planification optimale de votre séjour à tarangire

La planification d'un séjour réussi à Tarangire nécessite une compréhension approfondie des spécificités saisonnières du parc et de ses dynamiques écologiques. Contrairement à d'autres destinations de safari où une visite express peut suffire, Tarangire mérite qu'on lui consacre au minimum deux jours complets pour en apprécier toutes les facettes. Idéalement, trois à quatre jours permettent d'explorer les différentes zones du parc et d'augmenter significativement les chances d'observations exceptionnelles.

La saison sèche, de juin à octobre, offre les conditions optimales pour l'observation de la grande faune concentrée autour des points d'eau. Durant cette période, les densités animales atteignent leur maximum et la végétation moins fournie facilite grandement le repérage des espèces. Les mois de juillet et août, qui coïncident avec les vacances estivales dans l'hémisphère nord, voient une augmentation de la fréquentation touristique, principalement dans la partie nord du parc. Pour éviter cette relative affluence, privilégiez septembre et octobre, périodes tout aussi favorables mais sensiblement moins fréquentées.

Pour les amateurs d'ornithologie et de paysages verdoyants, la saison des pluies (novembre à mai) présente un intérêt particulier